23/11/2009

Felix ROBERT


Le premier torero français





S'il n'est pas entré dans l'Histoire, Felix Robert est bien entré dans les Annales tauromachiques en étant le premier matador français d'alternative. Il a eu, il est vrai, une carrière modeste et a été plus connu pour ses moustaches ( "el torero con bigote" ) que par son talent, avant de devenir une figure de l'Ouest américain



Personnage pittoresque et singulier, Pierre Cazenabe dit Félix Robert, fils d’un meunier, est né le 5 avril 1862 à Meilhan près de Tartas.

Apprenti sabotier à Mugron, puis garçon de café à Mont de Marsan, il fait ses débuts dans la course landaise et entre dans l’équipe de l’écarteur Marin Ier. En 1891, il s'oriente vers la course hispano-landaise sans mise à mort et devient un ardent défenseur de la tauromachie française.

Il effectue plusieurs tournées dans le Sud Ouest et le Sud Est, puis, devenu chef ,organise lui-même des spectacles mixtes jusqu’à Lyon et Vichy.

En 1893 il participe à des spectacles taurins de Bordeaux à Alger, tente de se produire à l’exposition universelle de Chicago et se présente même en Italie (Vérone).

En 1894, il se lance à la conquête de l’Espagne avec son équipe d’écarteurs et sauteurs landais à l’occasion de spectacles mixtes hispano-landais. Mieux, il s'inscrit dans une école de tauromachie de Séville qui lui délivre un «diplôme de matador français »




Il prend ainsi l'alternative le 18 novembre 1894 à Valence (Espagne), face à des toros de la ganadéría Conradi, avec pour parrain, Fernando Gómez « El Gallo », le père du célèbre Joselito tué dans les arènes de Talavera. Il est alors le premier matador français à avoir ainsi pris une alternative espagnole. Il est à nouveau à l’affiche le 25 novembre.



Muni de ce viatique, il se produit à Bordeaux, et, en juin et juillet 1894, participe à plusieurs courses sans mise à mort à Angers, puis avec, en juillet 1898. Mais le triste spectacle des chevaux éventrés choque la population et amène la municipalité à interdire les corridas.

Il fait sa présentation à Barcelone le 14 avril 1895. Au cours de sa prestation, le taureau saute dans les gradins et sème une horrible confusion avant d’être abattu par un garde civil qui, du même coup, blesse mortellement un employé des arènes.

Félix et ses moustaches


Les 3 ,6 et 12 mai 1894, il est dans les nouvelles arènes de Bayonne. Le 14 octobre, la ville de Dax maintient une corrida hispano-française malgré l'interdiction préfectorale relative à la loi Grammont, obligeant les forces de l'ordre à intervenir. Dans le désordre qui suit, un commissaire de police laisse échapper le taureau alors en piste. Ce dernier sort des arènes et se dirige vers la ville, semant l'effroi et terreur. Il est finalement tué dans la rue depuis dénommée Rue du Toro. Robert est arrêté, puis condamné à huit jours de prison. L’évènement a un retentissement international.

En 1895, il continue de se produire dans les arènes du Sud Ouest (Bayonne, Dax, Mont de Marsan) et torée à Séville le 21 juillet 1895. Il y est blessé et ne peut honorer un contrat prévu le même mois à Jerez. Le 18 août, il est à Saint Sébastien, le 6 octobre 1895 Bayonne.



Phénomène de curiosité pour les espagnols, Félix Robert ne brille cependant pas par son art. On lui accorde des qualités de courage mais pas de savoir, ni de sens artistique, si bien qu’on le classe dans la catégorie des attractions.


Les années suivantes on le voit à Béziers, Marseille, Pau, Bordeaux, Dax, Bayonne, Toulouse, et même à Limoges, Dijon ou Alençon…et Roubaix et Boulogne sur mer...

Enfin, il devient le premier français à confirmer son alternative à Madrid, le 2 mai 1899 ( pourtant date symbolique et anniversaire du soulèvement de la ville contre les français en 1808). Á cette occasion, orthodoxie oblige, il est obligé de couper ses célèbres moustaches.


"Felix Robet luciendo su bigote ...el mismo despues la alternativa"


Félix sans ses moustaches, et sa cuadrilla


On le retrouve le 16 juillet 1899 à Lisbonne, et une dizaine de fois à Paris aux arènes du Champ de Mars à l’occasion de l’exposition universelle. Le 8 octobre 1899, à Enghien, un taureau saute la barrière et part dans les champs avant d’être abattu dans des vignes.

Sa croisade en faveur de la tauromachie ne manque cependant pas de provoquer des réactions hostiles et des démêlés multiples avec les associations protectrices des animaux., jusqu’au 4 juin 1900 où un anarchiste tire deux coups de feu sur le landau découvert des toreros, à leur arrivée aux arènes de Deuil, près d’Enghien, blessant son collègue Antonio Montes.

Aussi, Félix Robert embarque pour le Mexique et fait sa présentation aux arènes de Mexico en 1901, avant de se fixer à Ciudad Juarez. Il y devient impresario des arènes.
Pendant quelques années, il organise des spectacles taurins à l’attention des Nord américains du Texas voisin. Bien vite ils se transforment en véritable cirque. Il fait des affaires en montant des combats de coqs, des paris, des rodéos, des spectacles comico-taurins ou parodies de corridas.
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Ciudad Juarez

Le 27 janvier 1907 il organise un combat entre un taureau et un bison. Le 9 janvier et le 28 février 1909 le journal local "El Paso Times" annonce des combats entre taureau tigre et ours.
Il épouse, le 30 avril 1910 Trinidad Ochoa, la riche fille d'un banquier et parlementaire.

Chassé du Mexique par la révolution, il s’installe de l’autre coté du Rio Bravo aux Etats Unis. Il dirige alors un cirque de cent chevaux dans l’Utah, et possède une écurie de chevaux de course.


Après ses multiple aventures et périples lointains, il revient en France, monte un élevage de vaches landaises, puis se retire à Bordeaux et enfin Marseille où il se remarie et meurt le 19 janvier 1916. Il y est enterré au cimetière Saint-Pierre
Felix Robert ganadero

coll Société de Borda

Felix Robert à la "féria" d'Angers en 1898 !!!
étonnant, non? .. les temps changent




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