30/11/2009

Frédéric BASTIAT


Le théoricien du libéralisme et du libre-échange



« une physionomie de campagnard malicieuse et spirituelle; l'œil noir, vif et lumineux;
tout en lui portait l'empreinte de la pensée »


Humaniste, philosophe, économiste et homme politique, injustement méconnu en France, sauf des étudiants en économie, il est encore reconnu comme étant un auteur de premier plan dans d'autres pays, en particulier aux Etats-Unis. Encore aujourd’hui, un peu partout dans le monde, il paraît un ou plusieurs livres à son sujet, une réédition ou une traduction (même en chinois), d'une de ses œuvres.

Les plus célèbres sont
Cobden et la Ligue (1845), Sophismes économiques (1845-1848), L'État (1848), La Loi (1850), Ce qu'on voit et ce qu'on ne voit pas (1850), Harmonies économiques (1851 posthume, inachevé), s’ajoutant à de très nombreux articles ou pamphlets dans la presse et revues, notamment dans le Journal des Économistes
.
Ses oeuvres complètes ont été rassemblées, en six volumes, en 1862-1864


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Bien que né à Bayonne le 19 juin 1801, Frédéric Bastiat est issu d’une famille originaire des Landes où il passe la plus grande partie de sa vie, jusqu’en 1844

Son arrière grand-père, propriétaire terrien, avait émigré de Laurède à Mugron, après son mariage, pour y fonder un négoce. Son grand père, alla s'établir à Bayonne pour y ouvrir une succursale de la maison landaise et s’y maria en 1770, mais acquit après la révolution le domaine de Sengresse, classé bien national qui avait appartenu au comte de Béthune-Charrost, héritier des Poyanne, près de Mugron, sur la route de Gouts. Son père qui travaillait égalent dans l'affaire familiale, se maria vers 1800 avec une jeune fille de Bayonne.

Domaine de Sengresse - la maison de Frédéric Bastiat -

Sa mère meurt en 1808, puis sa grand-mère en 1810. Son grand père, se retire alors avec sa fille Justine dans la maison de Mugron, emmenant avec lui Frédéric et son père, qui va mourir à son tour de la tuberculose la même année. Orphelin, il est élevé par sa tante, Justine Bastiat.

Il fait ses études au collège bénédictin de Sorrèze dans le Tarn, puis entre en 1816 dans la maison de son oncle à Bayonne.

Il est initié à la Franc-maçonnerie, et s’intéresse déjà aux théories économiques par la lecture des œuvres d’Adam Smith et de Jean-Baptiste Say.

A la mort de son grand père en 1825 il retourne se fixer a Mugron sur les terres dont il hérite (un domaine de 250ha comprenant une maison de maître et une douzaine de métairies). Il s’y consacrer entièrement .pendant quelques années sans trop de succès avant d’abandonner.

Après son mariage en 1831, avec Marie Clotilde Hiart, dont il va rapidement se séparer, il décide de s’engager dans les affaires publiques et est ainsi nommé juge de paix du canton de Mugron.

Après deux échecs aux élections législatives dans l’arrondissement de Dax en 1831 puis dans celui de Saint-Sever en 1832 pour remplacer le général Lamarque, il est enfin élu conseiller général du canton de Mugron le 17 novembre 1833.

Maison Frédéric-Bastiat à Mugron

Dès lors, il s’attache alors à promouvoir le développement économique de sa région et réalise même un projet de canal latéral à l'Adour. En 1842 il publie Le fisc et la vigne, puis en 1843, Mémoire sur la question vinicole. De même, il participe à un Cercle intellectuel et politique, créé à Mugron, abonné au journal anglais The Globe qui le sensibilise au mouvement pour la liberté du commerce

Réélu conseiller général le 24 novembre 1839, il effectue l’années suivante, pour le compte de l’entreprise familiale, un voyage de prospection en Espagne pour l'implantation d'une compagnie d'assurances.

Dès1844, il entame une correspondance avec l’économiste anglais Richard Cobden qui est à l'origine du libre-échange et réussit à faire abolir les mesures protectionnistes dans son pays, et se rend en Angleterre où il est reçu par les Ligueurs. Il publie à ce sujet.

Son action auprès des milieux politiques et économiques parisiens lui valent son élection en qualité de membre correspondant de l'Institut

Revenu à Mugron et alors qu’il vient de démissionner de ses fonctions de magistrat, il est de nouveau battu aux élections législatives, malgré le soutien de l'hebdomadaire Le Libre Échange dont il assume la direction.

Il se fait connaître par sa participation à la création à Bordeaux de l'Association pour la liberté des échanges, en 1846, présidée par François d'Harcourt, duc et pair de France. L’association devenue nationale, il publie alors de nombreux articles sur le libre échange, et participe à de nombreuses réunions publiques dans toute la France, militant contre la politique protectionniste des gouvernements successifs.

A partir de 1847 il donne des cours d'économie politique à l'École de Droit de Bordeaux .où il développe son discours sur la liberté du commerce, facteur de progrès économique.

L’avènement de la Seconde République donne à sa carrière politique un second souffle. Elu député des Landes à l'Assemblée Constituante en 1848 dont il devient un membre influent l'Assemblée nationale (membre puis président du Comité des Finances).
Paraît à cette époque, le second volume de ses Sophismes économiques .dans lequel il étudie les faits économiques du point de vue de l'intérêt particulier, de l'intérêt général, et de la justice. Il développe l’idée qu’au delà des divergences entre le producteur et le consommateur, le capitaliste et le salarié, celui qui possède et celui qui ne possède pas, il existe des lois prédominantes d'équilibre et d'unité qui les associent, une harmonie supérieure, et que l’élévation du niveau de vie est une conséquence de la marche en avant de l’économie permettant à chacune s’illustrer dans l’entreprise et donc d’acquérir davantage de libertés.

Réélu le 13 mai 1849 sur une liste "démocratique sociale" à l'Assemblée Législative, il prend part à quelques-uns des grands débats parlementaires (défense du principe de la séparation des pouvoirs).

Son état de santé se dégradant, incapable d’assister aux débats de l’Assemblée, il quitte la France pour un voyage en Italie, et meurt à Rome le 24 décembre 1850. Il y repose dans l’église Saint Louis des Français.



Economiste et homme politique, il est l'avocat de la liberté des échanges et des choix économiques par les individus, de la liberté individuelle et e la responsabilité. Humaniste, il a milité contre l'esclavage, la peine de mort, et les lois interdisant les coalitions ouvrières, et pour la participation des femmes à la vie politique. A préconisé le désengagement de l'État des activités pour lesquelles ce dernier ne peut pas être efficace, la diminution des dépenses publiques engagées pour satisfaire des intérêts particuliers, la séparation des pouvoirs, un siècle avant qu'elle ne soit inscrite dans la constitution.
Il est, de fait, un grand économiste, précurseur des libéraux de la fin du XlXe et du XXe siècle, et un écrivain reconnu pour son style.




Hommage de Mugron depuis 1878


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29/11/2009

Roger DUCOS

Le troisième consul de Bonaparte





Pierre-Roger Ducos doit sa seule et courte notoriété à sa participation au coup d'État du 18-Brumaire et sa nomination aux fonctions de consul provisoire au coté de Bonaparte. Mais cela suppose certaines qualités qui amènent à s’interroger sur la carrière d’un révolutionnaire ayant survécu à cette période agitée.



Roger Ducos est né à Dax (ou plutôt Montfort-en-Chalosse) le 27 juillet 1747, fils d’un notaire royal et procureur au sénéchal et présidial de cette ville. Etudiant en droit à Toulouse, il devient avocat et s’installe à Dax. Devenu procureur-syndic en 1789, et juge de paix, il contribue à la rédaction des cahiers de doléances du Tiers Etat, avant d'être élevé à la présidence du tribunal criminel des Landes en 1791.

Le 5 septembre 1792, il est élu député du département à la Convention et siège au centre parmi les modérés de la Plaine. Membre de la commission des secours publics, il se fit peu remarquer. Prudent et discret, il en devient cependant secrétaire le 23 novembre 1793. Il vote pour la mort de Louis XVI sans appel ni sursis, "J’ai déclaré Louis coupable de conspiration. J'ai ouvert le Code Pénal : il prononce la mort. Je vote donc la mort".

En Janvier 1794 il est élu président du club des Jacobins, mais ne prend aucune part aux événements de Thermidor et à la chute de Robespierre.De mars à août 1795, il est envoyé en mission en Belgique avec mission d’observer l’armée et ses généraux et veiller à la réparation des dommages de guerre de l’occupation des troupes autrichiennes à Landrecies.

.Le 16 octobre 1795, il entre au Conseil des Anciens comme ex-conventionnel. Secrétaire de cette assemblée le 21 décembre, il en devient plus tard le président le 23 septembre 1796.Lors du coup d'État du 18-Fructidor, il est éliminé, avec 176 autres députés, et adhère à l'invalidation de sa propre élection, annulée comme entachée de jacobinisme (22 floréal an VI).Son mandat terminé, il reprend ses fonctions de président du tribunal criminel des Landes le 18 mai 1798, avant de tenter de revenir à Paris mais par deux fois les élections sont annulées.

Le 19 juin 1799, il devient un des cinq directeurs du Directoire exécutif, en remplacement de Merlin de Douai, avec l’appui de son ami Barras qui l’a rappelé En réalité, Barras compte sur son insignifiance pour en faire sa créature, mais le public d'alors compare le nouveau directeur à Cincinnatus en louant sa vertu, son honnêteté et sa philanthropie.
Il s'attache à son collègue Sieyès pour se maintenir au pouvoir. Cela l’amène a participer a l’organisation et la réussite du coup d’Etat du 18 brumaire (09 11 1799) pour renverser le gouvernement directorial, dont il démissionne comme prévu.



Une commission consulaire est crée, chargée de rétablir l’ordre, avec les pouvoirs du directoire. Ducos y est nommé en qualité de troisième consul provisoire, et prête serment à la République dans la nuit du 19 au 20 Brumaire, avant de s’installer au palais du Luxembourg.
Les trois consuls qui remplacent le Directoire sont chargés, avec deux commissions, de rédiger une nouvelle constitution. En théorie, Bonaparte, Sieyès et Roger Ducos sont égaux mais de fait, on lui attribue ces paroles à Sieyes lors de leur première réunion « Vous voyez bien que c’est le général qui préside » On a dit aussi qu’à cette occasion Ducos et Sieyes se seraient partagé ce qui restait dans les caisses secrètes du Directoire.
La Constitution de l'an VIII une fois élaborée, les consuls provisoires sont vite remplacés par Cambacérès et Lebrun
Après sa courte heure de gloire, Ducos est remercié et récompensé par une nomination au Sénat conservateur, avec la sénatorerie d’Amboise (avec 25 000 F par an). Il devient même vice président le13 décembre 1799. Il est nommé a la sénatorerie d’Orléans le 28 septembre 1803




Devenu propriétaire du château d'Amboise, alors en mauvais état, il en fait détruire une grande partie dès 1805 ( logis royaux du donjon, logis des Sept Vertus, collégiale Saint-Florentin, bâtiment abritant l'appartement du roi Henri II).Ne sont conservées que les ailes Charles VIII et François 1er, de la chapelle Saint-Hubert et des éléments de l'enceinte.
" le sénateur, comte d'Empire, entendait bien faire du château sa principale demeure, et d'autre part il avait été décidé que les travaux menés aux frais du Sénat devaient coûter le moins cher possible. Dès lors, il n'y avait qu'un seul parti à prendre […] : détruire tous les bâtiments ruinés, ou simplement inutiles "

Fait membre de la Légion d’honneur en 1803, et grand officier l’année suivante, puis crée comte de l’Empire le 28 mai 1808.Cela ne l’empêche pas, en avril 1814, de voter la déposition de Napoléon à qui il doit tout, et de signer l'acte constitutif d'un gouvernement provisoire. Maintenu dans ses fonctions et titres par la première Restauration, il accepte de faire partie de la Chambre des pairs sous les Cent jours (2 juin 1815).

Condamné a l’exil comme régicide par l’ordonnance du 12 janvier 1816, lors de la seconde restauration il doit quitter le territoire français et va à Stuttgart Expulsé aussitôt du grand duché de Bade et du royaume de Wurtemberg, il se rend en Autriche avec sa femme pour y fixer sa résidence, quand sa voiture verse près d’Ulm. Alors qu’il veut en descendre, une roue lui passe sur le corps, et lui fracture le crâne. Il meurt quelque temps après, dans une auberge de la Croix d’Or, le 4 avril puis enterré le 7 avril.


L’église de Narosse, près de Dax comporte une dalle sous laquelle une urne contiendrait son cœur.




De son remariage avec Marthe Tachoires, il laisse deux enfants dont Jean-Jacques, Roger, comte Ducos (1784 - 1862)


Son frère Nicolas, né a Dax en 1756, général, a participé aux campagnes d'Allemagne et d’Espagne, avant de devenir baron d Empire. Il meurt à Saint-Omer en 1823.
Un autre frère, Jean-François, Armand, est le père de Théodore Ducos né en 1801, qui deviendra ministre de la Marine.





Roger Ducos, membre du Directoire exécutif
(source BNF)

28/11/2009

Jean-Charles de BORDA


Officier de marine, mais surtout homme de sciences, mathématicien, physicien et géodésien, il prend une part prépondérante dans l’établissement et l’adoption du système métrique décimal.



Jean-Charles, dit chevalier de Borda, est né le 4 mai 1733 à Dax, dixième enfant de Jean Antoine de Borda, seigneur de Labatut et de Jeanne-Marie-Thérèse de La Croix.

Après des études à l’école des barnabites de Dax puis au collège jésuite de La Flèche, il entre dans le génie militaire, puis dans les Chevau-légers de la Garde ordinaire du Roi en 1755. Il y enseigne déjà les mathématiques, preuve d’un talent précoce pour cette matière.

En 1756, il rédige un Mémoire sur la courbe décrite par les boulets et les bombes, en ayant égard à la résistance de l’air, produit de ses études en tant qu'ingénieur militaire. Ce mémoire lui ouvre la même année les portes de l'Académie des Sciences, en qualité d’adjoint géomètre.

Nommé aide de camp du général de Maillebois en1757, il fait la campagne d Allemagne. Il continue ses travaux sur la balistique et publie plusieurs mémoires sur l'hydraulique et la résistance des fluides au mouvement des solides qui sont appelés à s’y mouvoir et l’écoulement des fluides par les orifices des vases !

Il est admis, le 4 septembre 1758, lieutenant en second à l’école du Génie de Mézières. Affecté à Dunkerque, il se passionne pour les problèmes scientifiques liés à la navigation et à la construction navale. Nommé ingénieur à Brest en 1762, il entreprend des recherches sur la construction des vaisseaux ( il sera en 1775 conseiller technique pour les questions de construction).

En 1767, il entre au service actif de la marine en qualité de lieutenant de vaisseau, affecté a Brest. Il embarque l’année suivante pour la Martinique. Le 24 avril 1769 il devient membre ordinaire de l’Académie de Marine.
En 1771 et 1772, à bord de la frégate la Flore, il part pour les Canaries, puis les Antilles, avec pour mission scientifique d'essayer de nouveaux modèles de montres et chronomètres marins, et des calculs de longitude au nom de l'Académie des sciences.

En 1775, nommé lieutenant de vaisseau, il reçoit le commandement de la frégate la Boussole, pour une expédition hydrographique et scientifique qui longe la côte de l'Afrique .et explore les îles Canaries. Il en dresse la carte en 1776. Cette nouvelle campagne lui vaut la Croix de Chevalier de Saint-Louis.


Jean Charles de Borda mesurant le Pic de Ténérife
et dessinant la carte des Canaries (1774 - 1775)
© Dax, musée de Borda



Il met au point, pendant ses expéditions, le calcul du fameux « Cercle de Borda » permettant de mesurer la hauteur des astres et de sécuriser la navigation océanique, et la réalisation de l’instrument qui fera l’objet de son ouvrage Description et usage du cercle de réflexion.
Il améliore le baromètre, la connaissance de la pression atmosphérique et réfléchit à la dilatation des métaux.


Entre 1777 et 1778, il participe à la guerre d'indépendance américaine dans l’escadre de l’amiral d'Estaing, en qualité de major général.
En 1778, il publie deux ouvrages : Voyage fait par ordre du roi en 1771 et 1772, en diverses parties de l'Europe et de l'Amérique, pour vérifier l'utilité de plusieurs méthodes et instruments servant à déterminer la latitude et la longitude, etc…et ses Description et usage du cercle à réflexion.
Le 13 mars 1779 il est promu capitaine de vaisseau et reçoit en 1780 une pension de 1000 livres pour services rendus au roi.

En 1781, il reçoit le commandement de plusieurs vaisseaux de la flotte militaire française, chargés d'escorter un corps de troupe qu'on envoyait en Martinique. ( Il commande Le Guerrier en 1781, et Le Solitaire, vaisseau de 74 canons, en 1782). Alors qu’il commande une petite division de 2 vaisseaux, 3 frégates et une corvette, il est capturé par les Britanniques en décembre 1782, avant d être libéré sur parole.

De retour en France, il reprend son poste d'ingénieur dans la marine française, où il conçoit des améliorations des systèmes de pompage. En 1783, il devient un conseiller du ministre le maréchal de Castries, et fait partie de la commission chargée de l’étude du projet concernant le futur port militaire de Cherbourg. Avec Pierre Méchain et Jean-Baptiste Delambre, il est chargé par l'Académie des sciences de déterminer la longueur d'un arc de méridien, et il s'occupe en particulier de tout ce qui se rattache aux expériences de physique. Il invente alors un ingénieux appareil pour mesurer la longueur du pendule.
En octobre 1784, il est nommé inspecteur des constructions navales et Directeur de l’Ecole des Ingénieurs

En 1784 il conçoit avec Lenoir le cercle répétiteur utilisé en triangulation, dès 1787 pour redéfinir la frontière franco-espagnole ou en 1788 pour raccorder la triangulation de Paris et de Greenwich.




Membre de la Commission des poids et mesures et nommé par l’Assemblée nationale ayant ordonné que le nouveau système métrique décimal serait fondé sur la longueur du quart du méridien terrestre, c est avec son cercle répétiteur que se fait la mesure de la méridienne. Borda et son système sont présentés à Louis XVI le 19 juin 1791, la veille de la fuite a Varennes. C est lui qui propose le mètre comme nom à la nouvelle unité de mesure de longueur ( L’étalon du Conservatoire des arts et métiers, daté du 21 Prairial An III, porte son nom)

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Le 16 avril 1795 il devint membre du Bureau des longitudes et, en juin 1795, membre de l’Institut national.
On lui doit les Tables trigonométriques décimales et les Tables des logarithmes, des sinus, sécantes et tangentes, suivant la division du quart de cercle en 100 degrés, revues, augmentées et publiées par Delambre en 1804.

Il meurt à Paris le 19 février 1799, à l’age de 66 ans, quelques jours avant l’adoption du Système métrique qui fut l’une des œuvres de sa vie.




Il a donné son nom à plusieurs vaisseaux de l'École navale aux XIXes et XXe siècles..

le navire de ligne français Borda visité par l'impératrice Eugénie

Les Britanniques ont donné son nom à un cap de l’Australie, doté d’un phare « le cap Borda ».


27/11/2009

Vincent DE PAUL

le curé des pauvres...et confesseur du Roi



Vincent, troisième enfant de Jean Depaul et Bertrande de Moras, est né le 24 avril 1576 à Pouy, près de Dax. Il y voit le jour à l'endroit appelé Ranquines où une vielle maison élevée en 1700 reproduit sa maison natale écroulée vers 1682.

Issu d’une famille modeste, simple paysan et berger, il quitte cette maison pour entamer ses études au collège des Cordeliers de Dax en 1588, aidé par un avocat de la ville, M. de Comet qui devient son protecteur et le loge pendant plusieurs années (rue des Fusillés à Dax où une plaque commémorative indique le lieu).

Il reçoit la tonsure et les ordres mineurs à Bayonne le 20 décembre 1596, avant de poursuivre, pendant plusieurs années des études théologiques à l'Université de Toulouse, à partir de 1597.

Ordonné sous-diacre, puis diacre en décembre 1598 par l'évêque de Tarbes, il est ordonné, prêtre le 23 septembre 1600 à Château-l'Evêque, par l'évêque de Périgueux.

Après avoir terminé ses études en 1604, et s’étant rendu l’année suivante à Marseille pour affaire d’héritage, il est capturé par des pirates sur le chemin du retour par la mer vers Narbonne. Amené prisonnier à Tunis et vendu comme esclave. Il s’évade après deux années, et rejoint Aigues-Mortes puis Avignon en 1607.

Il se rend à Rome poursuivre ses travaux théologiques et semble participer à des négociations entre la papauté et Henri IV qu’il rencontre à son retour à Paris.

En 1610, il devient aumônier à la cour de la Reine Marguerite de Valois, l’épouse d’Henri IV. Il y rencontre son premier maître spirituel, le futur cardinal de Bérulle qui le fait entrer, en 1613, au service de la famille de Philippe de GONDI, gouverneur général des Galères. Entre temps il est, quelques mois, curé de campagne dans la paroisse de Clichy en 1612.

Madame de Gondi, mère du futur cardinal de Retz, le prend pour directeur de conscience et précepteur de ses enfants, dont Jean-François Paul, , joue un rôle décisif dans la vocation caritative de Vincent. Elle l’aide en soutenant et participant à ses initiatives, et par ses interventions personnelles.

En 1617, il décide d’aider les pauvres et devient curé de Châtillon-sur-Chalaronne dans les Dombes. Il y établit, avec les dames aisées de la ville, la première Confrérie de la Charité

Revenu dans la maison des Gondi, il est nommé conseiller et aumônier général des Galères en 1619, et travaille dans les prisons de Paris, puis Marseille et Bordeaux.


En 1625, Madame de Gondi met à sa disposition les moyens de fonder, au Collège des Bons-Enfants, une congrégation de missionnaires, la Congrégation de la Mission, pour aider et évangéliser les pauvres. Il en est le supérieur. Cette mission s’installe en 1633 à l'ancien prieuré Saint-Lazare à Paris qui lui est cédé, et les prêtres et frères formés dans le séminaire de la Mission prennent ainsi le nom de "Lazaristes".

Principal du collège des Bons-Enfants, fondé en l'Université de Paris, il y habite en 1626,

Le 29 novembre 1633, Vincent De Paul et Louise de Marillac fondent la Compagnie des Filles de la Charité, vouées au service des malades et au service corporel et spirituel des pauvres , appelées aussi Sœurs de saint Vincent de Paul.

Dans ces initiatives, il est aidé par plusieurs dames de la noblesse ou de la haute bourgeoisie qui s’engagent, entraînées par le zèle et l'enthousiasme de ce curé. Si bien que rapidement la France entière se couvre d'un vaste réseau de "Charité. En effet, Vincent de Paul sait mobiliser autour de lui les grands noms de la noblesse et de la bourgeoisie française, et ainsi trouver les capitaux nécessaires à la poursuite de sa tâche. On peut citer ainsi la Présidente Goussault, veuve du président de la Cour des Comptes, Mademoiselle de Fay, la Duchesse d'Aiguillon, nièce du Cardinal de Richelieu, la Reine Anne d'Autriche, veuve de Louis XIII, la Princesse de Condé, Louise de Gonzague, Madame de Miramion, Madame de Lamoignon, épouse du Premier Président du Parlement de Paris …


Saint Vincent présente les premières filles de la charité à la reine Anne d'Autriche.


En 1638, il crée un établissement pour les enfants trouvés

Vincent organise également des collectes à Paris pour porter secours aux victimes des guerres de Religion, envoie des secours aux populations du Duché de Lorraine et de Bar, pays ennemis ravagés par les troupes Françaises.

Il fait partie du Conseil de Conscience auprès du roi et siège aux cotés de Mazarin lorsque Louis XIII, qui lui a accordé l’année précédente une rente annuelle de quatre mille livres, lui demande de l’assister dans ses derniers moments à Saint-Germain en Laye et, selon la tradition, meurt dans ses bras14 mai 1643 dans le château de Saint-Germain-en- Laye.


Il est confirmé dans le Conseil de Régence pour les affaires ecclésiastiques par la régente Anne d'Autriche dont il est également le confesseur
En 1657, il fonde encore un hospice pour les personnes âgées, qui deviendra l'hôpital de la Salpêtrière.

Accablé d'infirmités et de souffrances, il meurt à Paris, à Saint-Lazare, le 27 septembre 1660.

Vincent au Conseil de conscience avec Anne d'Autriche et le jeune Louis XIV

Béatifié par le pape Benoît XII le 12 août 1729, il est canonisé par le pape Clément XII le 17 juin 1737.

En 1750, une chapelle évocatrice du prestige du Saint est édifiée près de sa maison natale

Pouy, sa commune de naissance est rebaptisée en Saint-Vincent-de-Paul. En 1851 est posé la première pierre d'une grande chapelle de style romano-byzantin.qui est inaugurée en 1864, puis restaurée en 1948 après son incendie.

La châsse contenant les restes de Saint-Vincent de Paul se trouve à la chapelle des Lazaristes à Paris, construite sous la Restauration pour les accueillir.


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26/11/2009

Jean-Maximilien LAMARQUE


Gloire de l’Empire, et libéral de la Restauration


Brave et très populaire, gloire militaire, puis opposant et orateur, le général Lamarque laissa son empreinte même jusqu’à ses funérailles



Jean Maximilien Lamarque est né le 22 juillet 1770 à Saint-Sever où son père est avocat au Parlement, conseiller du roi et son procureur au sénéchal de cette ville, et sera par la suite député du Tiers-état aux États généraux de 1789, puis membre de l’Assemblée nationale Constituante.

Il fait ses études au collège des Jacobins de Saint-Sever, dont un de ses oncles, Jean-Jacques Lamarque est prieur. En 1790, il rejoint son père à Paris et y poursuit ses études, avant de s’engager en 1792 dans les rangs de l’armée .Au début de 1793 il est ainsi au 4e bataillon de volontaires des Landes.

Nommé lieutenant le 3 avril 1793, il devient le 13 mai 1793, capitaine de grenadiers dans la colonne infernale formant l’avant garde commandée par la Tour d'Auvergne à l’armée des Pyrénées contre les espagnols. Il s'y distingue le 24 juillet 1794 en investissant avec audace ‘ (il n’a que 20 ans)la place de Fontarabie dont il portera lui-même les drapeaux à la Convention.

Le 21 thermidor an II, il est promu chef de bataillon et sert dans l’armée du Rhin. Il participe avec éclat aux batailles d'Engen,de Messkirch d’Hochstaed, et de Hohenlinden le 3 décembre 1800 où il se couvre de gloire, ce qui lui vaut, à la demande du général Moreau, de recevoir, en février 1801, les épaulettes de général de brigade des mains de Bonaparte.


Hohenlinden

Il participe par la suite aux campagnes de l'armée impériale, se distinguant en particulier à Austerlitz où il commandait une brigade du 7eme corps du maréchal Augereau.

Il quitte alors la Grande Armée pour suivre, avec le maréchal Masséna, Joseph Bonaparte en Italie, pour la conquête du royaume de Naples, participe au siège de Gaëte, est nommé chef d’état-major (après avoir refusé d’être nommé aide de camp de Joseph,pour rester français) ett promu général de division le 6 décembre 1807 par Napoléon.

Lorsque le maréchal Murat succède à son beau-frère au royaume de Naples, il charge Lamarque de reprendre la place forte de Capri que aux Anglais. Il le fait de façon audacieuse et héroïque le 18 décembre 1808 contre la garnison d'Hudson Lowe.


prise de Caprée

Il quitte le royaume de Naples pour rejoindre dès 1809, avec sa division, l'armée du prince Eugène de Beauharnais en Italie du Nord. Il investit Leybach où il fait 4000 prisonniers et prend 65 pièces d'artillerie, puis rejoint la Grande Armée à Lobau, et participe brillamment à la bataille de Wagram où il a quatre chevaux tués sous lui en enfonçant le centre de l’armée ennemie.


Wagram

Créé baron de l’Empire le 4 juin 1810, on la retrouve à nouveau en Espagne aux côtés du roi Joseph .jusqu’à la retraite où il commande l’arrière garde en Catalogne


Lors de la première Restauration, en 1814, mis en disponibilité, il se rallie, sans enthousiasme, aux Bourbons, mais il suit Napoléon pendant les Cent Jours. Il est nommé gouverneur de Paris, sert à la tête d’une division sur les frontières de la Belgique, puis est nommé général en chef de l’armée chargée de pacifier la Vendée. Il parvient à désarmer les troupes royalistes et à faire signer la paix à Cholet le 26 juin 1815.



La chute de l'Empire met fin à sa carrière militaire.
Proscrit par l’ordonnance royale du 24 juillet 1815, il quitte la France pour Bruxelles puis Amsterdam. Pendant ces trois années d’exil, il s’adonne à la littérature

Il ne regagne la France qu'à la suite de l'ordonnance royale du 20 octobre 1818, lorsque Louis Philippe prend le pouvoir. Maintenu en disponibilité, il est mis à la retraite par Charles X, le 30 juin 1830, et se retire alors à Saint-Sever

De retour dans son pays natal, il se passionne alors pour l'agriculture, et met à profit sa fortune pour acheter métairies et terres. Il préconise l'amendement des terres, le système de l'assolement et développe la culture du maïs. Il publie même en 1825 un mémoire sur Les avantages d'un canal de navigation parallèle à l'Adour, et est reçu à la Société d’agriculture des Landes le 8 juillet 1827.

Il s’intéresse également à la politique. Opposant systématique aux Bourbons et fidèle à l’Empire, il se présente plusieurs fois au suffrage pour être finalement élu, le 23 décembre 1828, député de l’opposition de gauche par l’arrondissement de Mont-de-Marsan. Il est réélu le 23 juin 1830, après que le ministre Polignac ait dissout la Chambre. Il contribue au succès de la Révolution de 1830, puis continue à appartenir à l’opposition démocratique contre Louis-Philippe.

Créé comte en 1829, il est élevé, à la dignité de grand-croix de la Légion d'honneur le 21 août 1830.

Réélu aux élections du 5 juillet 1831, il meurt d’une attaque de choléra le 1er juin 1832. On dit que dans ses derniers instants il déclara que son regret était de n avoir pu venger la France des traités de 1815 ,et « ce duc de Wellington ! je suis sûr que je l’aurais battu ! »


Le 5 juin, ses obsèques grandioses sont prétexte à l’insurrection républicaine contre Louis-Philippe, lorsque le convoi funèbre se transforme en énorme manifestation puis en émeute. Malgré l’intervention de la troupe, une bonne partie des quartiers de la capitale est aux mains des insurgés républicains dès le soir. L’épisode sanglant qui suit entre alors dans l'histoire, immortalisé par Victor Hugo dans Les Misérables.


chapelle funéraire à Eyres-Moncubes (Landes)

 
deux portraits du général, jeune puis mûr
(hôtel de ville de Saint-Sever) 


le château construit par le général Lamarque à Saint-Sever

 hommage de Saint-Sever à son général
sur la terrasse de Morlanne
(  site d'un oppidum  devenu le Castrum Caesaris gallo romain et son palais du Palestrion, puis château féodal)



24/11/2009

Jean DARCET


Le chimiste et la porcelaine de Sèvres




Jean d’Arcet est né le 7 septembre 1724, à Doazit où réside sa famille et où son père est juge.

Il fait ses premières études au collège d'Aire, puis à Bordeaux qu’il rejoint en 1740 contre l’avis de son père. Il est présenté à Montesquieu qui le prend en amitié, devient son protecteur. Il le suit à Paris, en 1742, pour y devenir le précepteur de son fils. (Darcet deviendra le secrétaire et le confident de Montesquieu qui mourra dans ses bras en 1755, et sera chargé de préserver ses manuscrits des mains des Jésuites)

En 1756, il achève sa Faculté de Médecine de Paris et est reçu médecin (docteur régent) en 1762. Renonçant à exercer, il se tourne vers l'étude de la chimie et devient l’élève puis le collaborateur de Guillaume-François Rouelle, démonstrateur de chimie au Jardin du Roi. (il épousera même sa fille en 1771)

Le comte de Lauragais, prend Darcet pour guide de ses recherches, et de leur collaboration naît l’art de fabriquer la porcelaine dite dure, jusqu’alors importée de Chine, Japon ou Saxe
Ses travaux sont présentés à l'Académie des sciences, en 1766 et 1768. En 1770, il communique à l'Académie des sciences ses recherches sur les pierres précieuses.

En 1774, il est nommé professeur de chimie au Collège de France (et le reste vingt sept ans), puis inspecteur des Manufactures Nationales de Sèvres où il donna un nouvel essor à la fabrication de la porcelaine et des émaux en couleur, en améliorant la construction des fours à cuisson. Il est par la suite également nommé inspecteur à vie des ateliers de teinture de la Manufacture des Gobelins.

Il participe également à la découverte du moyen d'extraire la soude du sel marin, la fabrication du savon, l'extraction de la gélatine des os, ainsi qu'un procédé spécial pour les teintures en couleur, crée le alliage de métal fusible qui porte son nom, qui sera utilisé en imprimerie la stéréotypie. Il essaie même de remplacer le fer importé d'Angleterre, par de l'acier fondu, faisant participer les hauts-fourneaux de Pontenx et d'Uza.à sa découverte.

Nommé inspecteur général des essais des Monnaies.

En 1784, il entre à l’Académie royale des sciences, dont il est le dernier président.

Lorsque surviennent les troubles de la Révolution de 1789. Darcet est nommé électeur à la Constituante, mais, accusé d’avoir été lié avec le duc d'Orléans, Robespierre le fait jeter en prison, et il n’échappe à l'échafaud, que par le renversement du jacobin par le coup du 18 brumaire.

Il se retire à Doazit pour ne revenir à Paris qu’après la tourmente révolutionnaire,.Il est nommé membre du Sénat conservateur le 4 nîvose an VIII.

Il meurt à Paris le 13 février 1801 (nuit du 23 au 24 pluviôse an IX), laissant trois enfants, dont Jean-Pierre-Joseph, également chimiste, poursuivra ses travaux et a qui on doit l'existence des pastille de Vichy.



la manufacture de Sèvres

23/11/2009

Felix ROBERT


Le premier torero français





S'il n'est pas entré dans l'Histoire, Felix Robert est bien entré dans les Annales tauromachiques en étant le premier matador français d'alternative. Il a eu, il est vrai, une carrière modeste et a été plus connu pour ses moustaches ( "el torero con bigote" ) que par son talent, avant de devenir une figure de l'Ouest américain



Personnage pittoresque et singulier, Pierre Cazenabe dit Félix Robert, fils d’un meunier, est né le 5 avril 1862 à Meilhan près de Tartas.

Apprenti sabotier à Mugron, puis garçon de café à Mont de Marsan, il fait ses débuts dans la course landaise et entre dans l’équipe de l’écarteur Marin Ier. En 1891, il s'oriente vers la course hispano-landaise sans mise à mort et devient un ardent défenseur de la tauromachie française.

Il effectue plusieurs tournées dans le Sud Ouest et le Sud Est, puis, devenu chef ,organise lui-même des spectacles mixtes jusqu’à Lyon et Vichy.

En 1893 il participe à des spectacles taurins de Bordeaux à Alger, tente de se produire à l’exposition universelle de Chicago et se présente même en Italie (Vérone).

En 1894, il se lance à la conquête de l’Espagne avec son équipe d’écarteurs et sauteurs landais à l’occasion de spectacles mixtes hispano-landais. Mieux, il s'inscrit dans une école de tauromachie de Séville qui lui délivre un «diplôme de matador français »




Il prend ainsi l'alternative le 18 novembre 1894 à Valence (Espagne), face à des toros de la ganadéría Conradi, avec pour parrain, Fernando Gómez « El Gallo », le père du célèbre Joselito tué dans les arènes de Talavera. Il est alors le premier matador français à avoir ainsi pris une alternative espagnole. Il est à nouveau à l’affiche le 25 novembre.



Muni de ce viatique, il se produit à Bordeaux, et, en juin et juillet 1894, participe à plusieurs courses sans mise à mort à Angers, puis avec, en juillet 1898. Mais le triste spectacle des chevaux éventrés choque la population et amène la municipalité à interdire les corridas.

Il fait sa présentation à Barcelone le 14 avril 1895. Au cours de sa prestation, le taureau saute dans les gradins et sème une horrible confusion avant d’être abattu par un garde civil qui, du même coup, blesse mortellement un employé des arènes.

Félix et ses moustaches


Les 3 ,6 et 12 mai 1894, il est dans les nouvelles arènes de Bayonne. Le 14 octobre, la ville de Dax maintient une corrida hispano-française malgré l'interdiction préfectorale relative à la loi Grammont, obligeant les forces de l'ordre à intervenir. Dans le désordre qui suit, un commissaire de police laisse échapper le taureau alors en piste. Ce dernier sort des arènes et se dirige vers la ville, semant l'effroi et terreur. Il est finalement tué dans la rue depuis dénommée Rue du Toro. Robert est arrêté, puis condamné à huit jours de prison. L’évènement a un retentissement international.

En 1895, il continue de se produire dans les arènes du Sud Ouest (Bayonne, Dax, Mont de Marsan) et torée à Séville le 21 juillet 1895. Il y est blessé et ne peut honorer un contrat prévu le même mois à Jerez. Le 18 août, il est à Saint Sébastien, le 6 octobre 1895 Bayonne.



Phénomène de curiosité pour les espagnols, Félix Robert ne brille cependant pas par son art. On lui accorde des qualités de courage mais pas de savoir, ni de sens artistique, si bien qu’on le classe dans la catégorie des attractions.


Les années suivantes on le voit à Béziers, Marseille, Pau, Bordeaux, Dax, Bayonne, Toulouse, et même à Limoges, Dijon ou Alençon…et Roubaix et Boulogne sur mer...

Enfin, il devient le premier français à confirmer son alternative à Madrid, le 2 mai 1899 ( pourtant date symbolique et anniversaire du soulèvement de la ville contre les français en 1808). Á cette occasion, orthodoxie oblige, il est obligé de couper ses célèbres moustaches.


"Felix Robet luciendo su bigote ...el mismo despues la alternativa"


Félix sans ses moustaches, et sa cuadrilla


On le retrouve le 16 juillet 1899 à Lisbonne, et une dizaine de fois à Paris aux arènes du Champ de Mars à l’occasion de l’exposition universelle. Le 8 octobre 1899, à Enghien, un taureau saute la barrière et part dans les champs avant d’être abattu dans des vignes.

Sa croisade en faveur de la tauromachie ne manque cependant pas de provoquer des réactions hostiles et des démêlés multiples avec les associations protectrices des animaux., jusqu’au 4 juin 1900 où un anarchiste tire deux coups de feu sur le landau découvert des toreros, à leur arrivée aux arènes de Deuil, près d’Enghien, blessant son collègue Antonio Montes.

Aussi, Félix Robert embarque pour le Mexique et fait sa présentation aux arènes de Mexico en 1901, avant de se fixer à Ciudad Juarez. Il y devient impresario des arènes.
Pendant quelques années, il organise des spectacles taurins à l’attention des Nord américains du Texas voisin. Bien vite ils se transforment en véritable cirque. Il fait des affaires en montant des combats de coqs, des paris, des rodéos, des spectacles comico-taurins ou parodies de corridas.
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Ciudad Juarez

Le 27 janvier 1907 il organise un combat entre un taureau et un bison. Le 9 janvier et le 28 février 1909 le journal local "El Paso Times" annonce des combats entre taureau tigre et ours.
Il épouse, le 30 avril 1910 Trinidad Ochoa, la riche fille d'un banquier et parlementaire.

Chassé du Mexique par la révolution, il s’installe de l’autre coté du Rio Bravo aux Etats Unis. Il dirige alors un cirque de cent chevaux dans l’Utah, et possède une écurie de chevaux de course.


Après ses multiple aventures et périples lointains, il revient en France, monte un élevage de vaches landaises, puis se retire à Bordeaux et enfin Marseille où il se remarie et meurt le 19 janvier 1916. Il y est enterré au cimetière Saint-Pierre
Felix Robert ganadero

coll Société de Borda

Felix Robert à la "féria" d'Angers en 1898 !!!
étonnant, non? .. les temps changent